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Jean Moulin
dit Max
J’ai fédéré des mouvements rivaux, fait naître le CNR et tenu tête à la Gestapo sans jamais parler

Mon parcours
Je suis né à Béziers en 1899, fils d’un instituteur, et j’ai grandi dans le culte de la République. Après des études de droit, j’ai choisi la préfectorale, gravissant vite les échelons jusqu’à devenir, à la veille de la guerre, préfet d’Eure-et-Loir, l’un des plus jeunes de France. En juin 1940, sommé de cautionner un mensonge visant des soldats coloniaux, j’ai refusé, perdu mon poste et pris la clandestinité. La cicatrice dissimulée sous une écharpe m’a rappelé cet engagement.
Exfiltré à Londres, j’ai rencontré le général de Gaulle qui m’a chargé d’unifier les mouvements de Résistance. Revenu en France en 1942 sous le nom de « Max », j’ai noué des alliances, suscité les Mouvements unis de Résistance et structuré une représentation politique de la lutte. Le 27 mai 1943, j’ai réuni le Conseil national de la Résistance, rassemblant partis, syndicats et réseaux autour d’un programme commun pour la libération et la refondation républicaine.
Arrêté à Caluire le 21 juin 1943, torturé, je suis mort lors de mon transfert le 8 juillet 1943 sans avoir trahi. Mon nom reste lié à l’unité de la Résistance et à l’ambition d’un État républicain restauré et social. En 1964, mon entrée symbolique au Panthéon a consacré ce combat, repère moral pour celles et ceux qui refusent la servitude.
Mes réalisations
Création du Conseil national de la Résistance
Je réunis 16 mouvements, partis et syndicats, instituant le CNR à Paris, rue du Four.
Création des MUR et mise en place de l’Armée secrète
Je fusionne Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur, structurant l’AS sous Delestraint.
Programme du CNR, socle des réformes de la Libération
Cadre unifié impulsé, aboutissant au Programme du 15 mars 1944, Sécurité sociale et nationalisations.
Organisation de la Délégation générale en zone sud
Je structure la Délégation générale de la France libre, relais civil et militaire en métropole.
Comité de coordination des mouvements de zone Sud
Je crée un organe commun Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur pour harmoniser actions.
Désignation de Charles Delestraint à la tête de l’Armée secrète
Je fais nommer Delestraint, centralisant les groupes armés clandestins sous un commandement.
Réseaux de liaisons et financements pour les mouvements
J’organise liaisons radio, parachutages et fonds BCRA, soutenant journaux et services clandestins.
Premier combat, témoignage sur juin 1940
Je publie à titre posthume Premier combat, récit de résistance civile face à l’occupant.
Ouverture de la galerie Romanin à Nice
J’ouvre une galerie d’art à Nice, couvrant et diffusant le pseudonyme Romanin.
Organisation des secours civils à Chartres durant l’exode
Je coordonne évacuations, ravitaillement et accueil des réfugiés sous bombardements.
Mes étapes clés
février 1939
Nomination préfet d'Eure-et-Loir
Sa nomination à la tête du département l’installe au cœur de l’appareil d’État à la veille de la défaite, conditionnant ses choix face à l’Occupation.
17/06/1940
Refus de la propagande à Chartres et tentative de suicide
Arrêté par l’occupant à Chartres, il refuse de signer un texte accusant faussement des tirailleurs sénégalais, subit des violences et tente de se trancher la gorge, basculant dans une opposition irrévocable à Vichy et à l’Allemagne.
novembre 1940
Révocation par Vichy
Révoqué de la préfectorale par le régime de Vichy, il perd l’abri institutionnel et s’oriente vers la clandestinité.
octobre 1941
Ralliement à Londres et mandat de représentant de De Gaulle
À Londres, il rencontre Charles de Gaulle et accepte la mission de délégué en France, opérant sous les noms Rex puis Max pour coordonner les mouvements de Résistance au nom de la France libre.
21/06/1943
Arrestation à Caluire et mort des suites de la torture
Arrêté par la Gestapo de Lyon lors d’une réunion chez le docteur Dugoujon à Caluire-et-Cuire, interrogé par Klaus Barbie, il meurt des suites des tortures durant son transfert vers l’Allemagne au début de juillet 1943.
Ma formation
Faculté de droit de Montpellier, licence en droit (Montpellier, France)1917 – 1921
Études de droit conduisant à une licence, base de sa carrière de haut fonctionnaire.
Préfecture de l'Hérault, apprentissage administratif (attaché) (Montpellier, France)1919
Premiers pas dans l'administration préfectorale, formation pratique aux rouages de l'État.
Sous-préfecture d'Albertville, prise de poste comme sous-préfet (Albertville, Savoie, France)1925 – 1930
Nommé très jeune sous-préfet, étape formatrice de gestion territoriale et de crise.
Préfecture d'Eure-et-Loir, prise de fonctions comme préfet (Chartres, Eure-et-Loir, France)1937 – 1940
Direction préfectorale en temps de menaces et d'exode, expérience décisive avant la Résistance.